Points de vue

Synode et avenir de l' Eglise

Le cardinal Jean-Claude Hollerich, rapporteur général du Synode sur l’avenir de l’Église, assure vouloir
« prendre la responsabilité de mettre les choses en pratique », alors que Rome publie jeudi 27 octobre le
Document de travail pour l’étape continentale de ce processus.


 In La Croix du 27 octobre 2022. Suite à lire ici : 

Que vive la synodalité

Ce vendredi 14 octobre, la CCBF, les Réseaux des Parvis et Saint-Merry Hors-les-Murs se sont retrouvés avec beaucoup d’autres, à l’église Saint Gabriel à Paris, pour marcher et rêver ensemble, échanger sur leurs propositions et célébrer leurs chemins synodaux pour l’avenir de l’Église. À l’issue de cette soirée festive et créative, ils ont publié cette déclaration commune.

Sur le chemin d’Emmaüs nous avons marché et rêvé. Chemin ouvert, souhait d’une Église capable de faire signe dans les soubresauts du monde. Joie de la rencontre et de l’échange, fête d’une espérance qui se lève. Nous, toutes et tous, sentons l’impérieuse nécessité, en Église et au-delà, de poser des paroles et des actes qui fassent sens au XXIème siècle.

Comment le pape François renouvelle la pratique de la synodalité

Comment la synodalité, pivot de la réforme de l’Église lancée par François, a-t-elle évolué sous le pontificat ? Éclairage du théologien Philippe Bordeyne, président de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul-II d’études sur le mariage et la famille. Interview Marie-Lucile Kubacki à à Rome

Au moment où le Synode sur la synodalité, ou synode sur l’avenir de l’Église, entre dans une phase de travail à l’échelle des continents, le théologien Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut catholique de Paris (de 2011 à 2021), et président, depuis, de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul-II à Rome, décrypte pour La Vie la manière dont le pape François a renouvelé la pratique de la synodalité.

Vous avez vécu les synodes de 2015 et 2018 : comment percevez-vous l’évolution de la synodalité

Suite à lire ici :

60 ans de Vatican II

Message de la Secrétairerie générale du Synode à l'occasion du 60e anniversaire de l'ouverture du Concile œcuménique Vatican II - (11 octobre 1962 - 11 octobre 2022)

A lire ici

Synode : 60 associations publient un rapport pour « faire entendre la voix des femmes »

Le Conseil des femmes catholiques (CWC), rassemblement de 60 associations féministes du monde entier, apublié lundi 3 octobre un rapport dans le cadre du Synode sur l’avenir de l’Église. Une délégation arencontré mardi 4 octobre à Rome la sous-secrétaire du Synode des évêques, la soeur Nathalie Becquart, afinde lui remettre le document.

Par Félicien Rondel, in La Croix 05/10/2022

A lire ici : 

 https://ahp.li/4e1d31571917a5247171.pdf

 

Où peut nous conduire le processus synodal ?

Par Pierre Collet. 22 septembre 2022.

Les synthèses nationales réalisées dans chacun de nos pays ont été terminées au début de l’été et elles sont facilement accessibles en ligne. On trouvera la synthèse belge sur le site de
Cathobel : elle a déjà fait l’objet de quelques commentaires dans La Libre et d’uneinterview intéressante d’Arnaud Join-Lambert [1].

Le théologien y reconnaît que le texte ne transpire guère l’enthousiasme et donne un peu l’image d’une Église déprimée, qu’on y voit surtout bien que « les gens souffrent de ce qui ne va pas ». Il fait aussi remarquer que la qualité du travail de consultation a été très variable, « beaucoup de prêtres ayant traîné les pieds ou même n’ayant rien organisé, trop individualistes sans doute pour imaginer le bénéfice que cette démarche pouvait apporter à tout le monde… ».

Le rapport synodal du Luxembourg

Le rapport synodal du Luxembourg appelle auchangement sur l’homosexualité et le célibat desprêtres

A lire ici : 

Une Eglise où il fait bon vivre

(...) Une Église où il fait bon vivre,

où l’on peut respirer, dire ce que l’on pense.

Une Église de liberté.

Une Église qui écoute avant de parler,

qui accueille au lieu de juger,

qui pardonne sans vouloir condamner,

qui annonce plutôt que de dénoncer.

Une Église de Miséricorde.

Une Église où le plus simple des frères comprendra

ce que l’autre dira,

où le plus savant des chefs saura qu’il ne sait pas,

où tout le peuple manifestera.

Une Église de sagesse.

Une Église où l’Esprit-Saint pourra s’inviter

parce que tout n’aura pas été prévu,

réglé et décidé à l’avance.

Une Église ouverte.

Une Église où l’audace de faire du neuf

sera plus forte que l’habitude de faire comme avant.

Une Église où chacun pourra prier dans sa langue,

s’exprimer dans sa culture,

et exister avec son histoire.

Une Église dont le peuple dira non pas

« voyez comme ils sont organisés »,

mais « voyez comme ils s’aiment ».

Église de nos villages,

Église des banlieues, des rues et des cités,

Tu es encore petite, mais Tu avances.

Tu es encore fragile, mais Tu espères.

Lève la tête et regarde : le Seigneur est avec Toi.

Ainsi soit-il.

Mgr Guy Deroubaix

Octobre 1993

Prière on ne peut plus actuelle en cette période de préparation du Synode.

Mgr Guy Deroubaix (1978-1996) — Diocèse de Saint-Denis-en-France (catholique.fr)

Le Synode doit devenir un mode de fonctionnement permanent pour l’Église

La Croix, jeudi 17 mars 2022

Pour le théologien Arnaud Join-Lambert, le Synode, si les prêtres s’en saisissent, peut devenir un moment commun d’apprentissage du partage des responsabilités entre tous les baptisés et les prêtres engagés dans ce processus pourraient même en être « les premiers bénéficiaires ».

Learning by doing (« apprendre en faisant »). Cette expression résume bien un enjeu majeur qui se dégage des quatre premiers mois du Synode romain des évêques sur la synodalité. Le Document préparatoire le dit à sa manière : « En cheminant ensemble et en réfléchissant ensemble sur le parcours accompli, l’Église pourra apprendre de ce dont elle fera l’expérience » (DP 1). Ce Synode romain met tous les catholiques au défi d’un triple décentrement.

Ne mettez pas le synode sous le tapis

Prendre soin de son Église, voilà ce à quoi nous appelle le Synode sur la synodalité, lancé par le pape François. Malgré les difficultés et la peur de la désillusion, il est temps de cheminer fraternellement sur le chemin de transformation que parcourt la communauté catholique.

Par Aymeric Christensen, directeur de la rédaction La Vie

La synodalité, c'est prendre le risque de la surprise

In la Croix Croire par Agnès Desmazières

"Ce qui m’a frappée dans le Document préparatoire envoyé par le Vatican aux diocèses du monde entier, c’est l’idée d’associer au processus synodal des « compagnons de voyage ». C’est-à-dire, pas seulement ceux qui sont dans l’Église, mais tous ceux que nous côtoyons, au travail, dans notre voisinage, nos activités sportives, en prenant les transports en commun le même jour à la même heure… C’est beaucoup plus large....

Suite ici : https://ahp.li/2a2f3064f3d032ea8864.pdf

Onze pistes pour une Eglise plus synodale

11 Rencontres sur une Eglise plus synodale

Pour être entendue, l’église doit changer de méthode

Baisse du nombre de croyants, rôle de l’Église dans la société, célibat, sexualité… Sans détour, le cardinal luxembourgeois Jean-Claude Hollerich évoque l’avenir du catholicisme.

Pour cet homme de confiance du pape François, ce n’est pas le message qu’il faut changer mais la façon de l’exprimer.

Dialogue avec le Cardinal Jean-Claude Hollerich : in La Croix Hebdo du 22 janvier 2022

Une demande de synodalité très ancienne

En France, le rapport Sauvé a remis à l’ordre du jour la question des rapports de pouvoir dans le catholicisme. Et si les révolutionnaires français, avec leur projet d’Église constitutionnelle, avaient eu de justes intuitions ? Retour sur ce moment avec Paul Chopelin, historien, coordonnateur de l’ouvrage collectif "Gouverner une Église en Révolution". (Lyon, LARHRA, 2016, 316 p.)

« Dans le processus synodal, nous marchons avec les protestants et les musulmans »

Le cardinal Nzapalainga explique comment l' Eglise de Centre Afrique élargit la réflexion sur le synode. 

[...] la plus grande spécificité de cette année est que le Saint-Père nous donne un thème, la synodalité : « la communion, la participation et la mission ». Et à ce jour, nous avons pris le temps, nous agents pastoraux, d’aborder le sujet mais également d’élargir le débat avec nos frères protestants et musulmans

La nécessaire transformation de l' Eglise. (Mgr Kesel)

Mgr Kesel. Photo JC Guillaume, in Revue "Etudes".

L’Église à venir sera plus humble, plus petite, plus confessante et plus ouverte. Comme le dit le pape François, le danger n’est pas de devenir moins nombreux, mais de devenir insignifiants...

A lire ici : https://ahp.li/620057e2eb34e40b2310.pdf

La conférence est accessible ici : 

Conférence de Christophe Theobald

Christophe Theobald est théologien. Dans cete conférence il aborde avec hauteur la crise de L’Eglise pour donner une réflexion de fond sur l’essentiel.  

- « S’interesser de façon désintéressée à la vie des gens... et pas seulement à la naissance et à la mort »

- « Se reconnaître avec joie Église de la diaspora « 

- « être Missionnaire c’est se laisser accueillir par l’autre où Dieu nous précède »

C’est un peu difficile parfois, mais il va à l’essentiel.

 

Voici le lien pour l'écouter (c'est un enregistrement audio): 

https://soundcloud.com/ucly/conference-laics-et-clercs-en-synodalite-ensemble-responsable-de-leglise-c-theobald?in=ucly/sets/institut-pastoral-detudes

 

(Merci à Madeleine pour ce lien)

Aller à la racine, urgence et nécessité.

Un texte de Jean-Luc Lecat suite à l'assemblée des évêques à Lourdes, sur le pouvoir dans l'Eglise

A lire sur le (très bon) site de "Garrigues et sentiers" :

« Le rapport Sauvé, sans le dire explicitement, appelle à une révolution copernicienne de l'Église »

Si le célibat a renforcé la figure de l'évêque et du prêtre, il n'est en rien la clé de voûte du système clérical. Aussi, autoriser le mariage des prêtres ou l'accession des femmes à la prêtrise n'apportera aucun changement profond, estime Jacques Musset, ancien aumônier et essayiste, dans une tribune au «Monde».

Le 21 octobre, Danièle Hervieu-Léger, dont j'apprécie beaucoup les ouvrages, écrivait ici même que le célibat des prêtres était la clé de voûte du système clérical. Je préférerais  « qu'il n'en est qu'une des manifestations éclatantes », ce qui est très différent. En effet, ce système est né antérieurement à l'imposition du célibat chez les évêques et les prêtres. Il incluait déjà l'organisation cléricale de l'Église et sa doctrine dogmatique officielle, les deux étant intrinsèquement liées.

Le système clérical est apparu vers la moitié du II siècle de notre ère. Jusqu’alors, l’animation des communautés chrétiennes se faisait d’une manière collégiale par les presbytres (étymologiquement les anciens ou les anciennes, au sens de sages) et les épiscopes (des gens chargés de vérifier le bon fonctionnement communautaire). À ces deux fonctions, on était désigné par les membres de la communauté. Au II siècle, cette animation a été accaparée par une seule personne masculine : un épiscope. Ainsi est né l’épiscopat monarchique, tel qu’il existe toujours dans le catholicisme et l’orthodoxie.

Verrouillage datant du concile de Trente

Ces épiscopes (évêques), désormais chefs des communautés, ont pensé leur responsabilité à l’image du sacerdoce juif. Ils l’ont sacralisé et justifié en faisant appel à des textes évangéliques lus de manière littérale (Matthieu 16, 17-20 ; 18, 15-18, 28, 18-20 ; Luc 22, 14 ; Jean 20, 22-23) et interprétés comme une mission reçue de Jésus ressuscité lui-même, confiée d’abord aux apôtres puis à leurs successeurs, les évêques.

Or, nous savons très bien par les recherches exégétiques que ces textes ne sont pas des récits à prétention historique et qu’ils ne fondent pas un régime hiérarchique dans les communautés chrétiennes introduisant la division clercs-laïques, les premiers disposant de tous les pouvoirs, les seconds ayant pour vocation de leur obéir en tout dans le domaine de leur vie spirituelle.

Ce n’est pas tout. Les évêques, en définissant la vraie foi chrétienne aux IV et V siècles dans les premiers conciles et en l’imposant dans toute l’Église au sein de l’Empire romain, qui l’a adopté à la fin du IV siècle comme religion officielle, bouclaient la boucle dans l’appropriation par l’épiscopat monarchique des trois pouvoirs exclusifs, tous sacralisés : l’enseignement et l’interprétation de la vraie foi, la présidence de l’eucharistie valide (puis des sacrements), le pouvoir de gouvernement et de coercition. L’imposition du célibat est venue ensuite par paliers successifs, et le verrouillage s’est terminé au concile de Trente, au XVI siècle.

Si le célibat a renforcé la figure de l’évêque et du prêtre comme personnage sacré, détenant des pouvoirs venant du Christ et de Dieu et intermédiaire obligé entre le ciel et les fidèles, il n’est ainsi pas la clé de voûte du système clérical, dont les éléments essentiels en précèdent l’apparition et la justification. En supposant que Rome autorise aujourd’hui le mariage des prêtres masculins et admette que les femmes peuvent désormais accéder à la prêtrise, rien ne serait changé fondamentalement dans le système, sinon que ce serait pour lui une chance supplémentaire de perdurer.

Réappropriation du témoignage de Jésus

En conséquence, la rénovation en profondeur du système catholique, tout à la fois clérical et dogmatique, passe par la nécessité de tout remettre à plat de l’existant. Les protestants ont fait la moitié du chemin à la Réforme, au XVI siècle, en abolissant le système clérical hiérarchique, mais en conservant le système dogmatique. Aujourd’hui, dans bien des Églises protestante et anglicane, un cheminement continue de se faire concernant l’abandon de la doctrine dogmatique figée au profit d’une réappropriation et de l’actualisation à nouveaux frais du témoignage de Jésus dans la modernité de notre temps.

Deux figures parmi d’autres sont emblématiques de cette démarche. L’une anglicane,

John Shelby Spong (1931-2021), un ancien évêque américain dont plusieurs livres, faciles d’accès, ont été traduits en français, notamment celui résumant sa démarche : Pour un christianisme d’avenir (Karthala, 2019). L’autre catholique, Joseph Moingt (1915- 2020), dont le dernier ouvrage testamentaire, L’Esprit du christianisme (Temps présent, 2018), introduit une décantation salutaire du catholicisme clérical et dogmatique démontrant par exemple qu’il n’est pas possible honnêtement de faire découler des textes évangéliques la doctrine officielle catholique. Sans qu’on lui jette officiellement l’anathème, il est plutôt regardé de travers dans sa propre Église. Si son livre peut être de lecture laborieuse pour certains, ses autres publications, rassemblant ses conférences, donnent une idée de la pertinence de sa pensée et de son courage.

Ce à quoi appelle le rapport Sauvé, sans le dire explicitement, c’est donc à une révolution copernicienne. Aura-t-on le courage de l’entreprendre ? Telle pourrait être la conclusion et l’encouragement du Synode romain sur la synodalité ! Mais j’en doute fort !

 nsae.fr Par Jacques Musset

Pédocriminalité dans l’Eglise : retrouvez les tribunes parues dans « Le Monde »

Synode sur la synodalité : « Il n’y a pas d’alternative pour l’Église et le monde d’aujourd’hui »

combe 08.01.2022 11:47

je découvre votre site.
Je le trouve bien achalandé et en plus avec le lien permettant d'aller directement sur le texte. http://pleinjour.wordpress.com

Martine de Transhumance 15.01.2022 19:14

Merci de votre appréciation. Et meilleurs vœux, Martine Carlier, secrétaire

Commentaires

08.10 | 11:43

Verhelst «  quand je suis faible je suis fort «  Debout dans l’épreuve

08.10 | 11:41

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01.10 | 05:38

Le pire ,comme l'a dit Anne Sinclair à propos d'elle-même et de DSK ,c'es...

22.08 | 05:09

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