"Le monde devient meilleur si nous perdons un peu de sécurité et de tranquillité pour choisir le bien"…
… l’Avent, qui prépare à la fête de Noël, c’est une période qui invite les croyants à "apprendre à reconnaître [Jésus] chaque fois qu’il vient et à nous préparer à son retour".
"Cette attente n’est pas passive", nous dit Léon XIV. Il s’agit de chercher Dieu "dans les réalités de la vie, avec intelligence, avec le cœur et en retroussant nos manches".
… chaque fidèle est invité à s’interroger sur son propre engagement : "Est-ce que je participe à une initiative bonne, qui met mes talents au service des autres ?" Il a encouragé à agir "sans se plaindre", rappelant que "le sourire sur nos lèvres est le signe de la grâce en nous". L’espérance, a-t-il insisté, ne se réduit pas à une attente passive, mais se vit dans la joie et la générosité, même face aux défis.
"Personne ne sauve le monde tout seul", précise le Pape, rappelant que Dieu Lui-même choisit d’agir "avec nous". L’Avent, temps de préparation et d’espérance, est une invitation à s’unir pour construire un monde plus juste et fraternel. "Ensemble, c’est mieux", a-t-il affirmé, soulignant que la participation de chacun rend plus tangible la promesse d’un monde renouvelé par l’amour. (Léon XIV « Vivre l’Avent en se retroussant les manches »)
Leon XIV "Vivre l'avent en retroussant ses manches"
Les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’Église qui jaillit de l’Évangile et féconde chaque moment de l’histoire.
Dilexit te, Chapitre 1 : « Quelques mots essentiels – Préjugés idéologiques ».
Face à un projet qui creuse la terre pour y enfouir des poisons éternels, nous mettons notre espérance dans la promesse inverse que fait Jésus : « Heureux les doux, car ils posséderont la terre. »
La justice de Dieu n’est pas du côté des puissants ni des forces destructrices qui s’approprient la terre, mais du côté des doux·ces, de celle ux qui crient pour qu’on leur laisse vivre une autre relation au sol, à la terre, à la vie.
Le pape François a rappelé […] : « Tout être humain est enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui ! Il s’agit alors de voir, nous d’abord et d’aider ensuite les autres à voir, dans le migrant et dans le réfugié, non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à d’une société plus juste, une démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’Évangile ». L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté.
Dilexit te, Chapitre 3 : « une église pour les pauvres. - Aux côtés des plus vulnérables d'entre nous » § 75
En ces jours là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre. Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. ».
Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Luc, 2, 1-19.
« Les grands du monde bâtissent des empires avec le pouvoir et l’argent, mais Dieu construit le sien dans le service et la proximité. »
Lors de la veillée mariale pour la paix, célébrée sur la place Saint-Pierre, le pape Léon XIV a lancé un appel au désarmement global, matériel et intérieur. « La paix n’est pas la dissuasion, mais la fraternité ; elle n’est pas l’ultimatum, mais le dialogue : « Remets ton épée au fourreau ».« La paix est désarmée et désarmante », a déclaré le pape, reprenant ses premières paroles de pontificat : « Elle n’est pas la dissuasion, mais la fraternité ; elle n’est pas l’ultimatum, mais le dialogue. Elle ne vient pas de la victoire sur l’ennemi, mais du courage du pardon et de la justice. » Ce message du pape Léon il l’adresse à l’ensemble des fidèles : « Il faut d’abord désarmer le cœur, car sans paix en nous, nous ne pouvons donner la paix. »
Veillée mariale pour la Paix, Rome, le 12 octobre 2025
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Sainte Thérèse de Calcutta, canonisée en 2016, est devenue une icône universelle de la charité vécue jusqu’à l'extrême en faveur des plus indigents, des exclus de la société. Fondatrice des Missionnaires de la Charité, elle a consacré sa vie aux mourants abandonnés sur les routes de l’Inde. Elle recueillait les rejetés, lavait leurs blessures et les accompagnait jusqu’à leur mort avec une tendresse qui était prière. Son amour des plus pauvres parmi les pauvres a fait qu’elle ne s’est pas seulement occupée de leurs besoins matériels, mais elle leur a aussi annoncé la bonne nouvelle de l’Évangile : « Nous voulons annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres : que Dieu les aime, que nous les aimons, qu’ils sont quelqu’un pour nous, que, eux aussi, ont été créés par la même main amoureuse de Dieu pour aimer et pour être aimés. Nos pauvres gens, nos splendides gens, sont des gens tout à fait dignes d’amour. Ils n’ont pas besoin de notre pitié ni de notre compassion. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité ». [67] Tout cela venait d’une spiritualité profonde qui considérait le service des plus pauvres comme le fruit de la prière et de l’amour, générateur de paix véritable comme le rappela le Pape Jean-Paul II aux pèlerins venus à Rome pour sa béatification : « Où Mère Teresa a-t-elle trouvé la force de se mettre tout entière au service des autres? Elle la trouva dans la prière et dans la contemplation silencieuse de Jésus-Christ, de sa Sainte Face, de son Sacré Cœur. Elle l’a dit elle-même : “Le fruit du silence c’est la prière : le fruit de la prière c’est la foi ; le fruit de la foi c’est l’amour ; le fruit de l’amour c’est le service ; le fruit du service c’est la paix”. […] La prière emplissait son cœur de la paix du Christ et lui permettait de faire rayonner cette paix sur les autres ». [68] Teresa ne se considérait pas comme une philanthrope ou une militante, mais comme une épouse du Christ crucifié, qui servait avec un amour total les frères souffrants.
Dilexit te, Chapitre 3 : « une église pour les pauvres. - Aux côtés des plus vulnérables d'entre nous ». § 77
« L’Évangile montre en effet que cette pauvreté touchait tous les aspects de la vie du Christ. Dès son entrée dans le monde, Jésus fait l’expérience des difficultés liées au rejet. L’évangéliste Luc, racontant l’arrivée à Bethléem de Joseph et de Marie, alors sur le point d’accoucher, observe avec regret : « Il n’y avait pas de place pour eux dans le logement » (Lc 2, 7). Jésus naît dans d’humbles conditions ; dès sa naissance, il est couché dans une mangeoire ; et très tôt, pour le sauver de la mort, ses parents fuient en Égypte (cf. Mt 2, 13-15). Au début de sa vie publique, il est chassé de Nazareth après avoir, dans la synagogue, annoncé en Lui l’accomplissement de l’année de grâce dont se réjouissent les pauvres (cf. Lc 4, 14-30). Il n’y a pas de lieu accueillant, même pour sa mort : ils le conduisent hors de Jérusalem pour le crucifier (cf. Mc 15, 22). C’est à cette condition que l’on peut résumer de manière claire la pauvreté de Jésus. Il s’agit de la même exclusion qui caractérise la définition des pauvres : ils sont les exclus de la société. Jésus est la révélation de ce privilegium pauperum. Il se présente au monde non seulement comme le Messie pauvre, mais aussi comme le Messie des pauvres et pour les pauvres. »
Dilexit te, Chapitre 2 : Dieu choisit les pauvres – Le choix des pauvres. » § 19.
"Ils quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël.
Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !"
(Nombres 21, 4-9)
Avant de parler du soin de la terre, il ne faudrait en effet pas oublier, en premier lieu, de remercier Dieu et Sa création d’avoir vraiment soin de nous. En effet, « nous ne sommes pas Dieu. La terre nous précède et nous a été donnée »14 . La nourriture que nous mangeons, les vêtements que nous endossons et l’air que nous respirons sont des dons de la création de Dieu pour nous ! « Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu »15
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Mais la spiritualité doit se traduire en action. Il y a un appel à une « conversion écologique » du cœur qui implique la gratitude et la gratuité, la sobriété et la modération – la capacité d’être heureux avec peu de chose ; pour ne pas succomber à la tristesse pour ce qui nous manque16.
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Ce nouveau style de vie a un bon allié, connu de nous tous, qui est la minorité ; elle nous invite constamment à renouveler notre mode vie, avec une attention particulière aux périphéries, pour être un peu moins consommateurs, pour ne pas être des prédateurs de l’environnement.
Un document de l’Ordre Franciscain sur l’attention à la Création « Le cri de la terre et le cri des pauvres »
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Chacun de vous respectera sa mère et son père, et observera mes sabbats. Je suis le Seigneur votre Dieu. Ne vous tournez pas vers les idoles, ne vous faites pas des dieux en métal fondu. Je suis le Seigneur votre Dieu.
(Lévitique 19, 1-4)
"Aujourd’hui, dans la nuit du monde et dans l’espérance de Bonne Nouvelle, j’affirme avec audace ma foi dans l’avenir de l‘humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire une terre meilleure.
Je refuse de croire que l’être humain ne soit qu’un fétu de paille balloté par le courant de la vie, sans avoir la possibilité d’influencer en quoi que ce soit le cours des évènements.
Je refuse de partager l’avis de ceux qui prétendent que l’homme est à ce point captif de la nuit sans étoiles du racisme et de la guerre, que l’aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir réalité.
Je crois que la vérité et l’amour sans condition auront le dernier mot.
La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement que, même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, il reste l’espoir d’un matin radieux.
J’ose croire qu’un jour tous les habitants de la terre pourront recevoir trois repas par jour pour la vie de leur corps, l’éducation et la culture pour la santé de leur esprit, l’égalité et la liberté pour la vie de leur cœur.
Je crois également qu’un jour toute l’humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour. Je crois que la bonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi. Le loup et l’agneau pourront se reposer ensemble, chaque homme pourra s’asseoir sous son figuier, dans sa vigne, et personne n’aura plus raison d’avoir peur.
Je crois fermement que nous l’emporterons car l’homme et la femme ont la capacité de résister au Mal par la vertu du Christ qui nous a apporté la Bonne Nouvelle.
Amen."
(Confession de foi prononcée à Oslo lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix le 10 décembre 1964)
Joseph ne put se contenir devant tous les gens de sa suite, et il s’écria : « Faites sortir tout le monde. » Quand il n’y eut plus personne auprès de lui, il se fit reconnaître de ses frères. Il pleura si fort que les Égyptiens l’entendirent, et même la maison de Pharaon. Il dit à ses frères : « Je suis Joseph ! Est-ce que mon père vit encore ? » Mais ses frères étaient incapables de lui répondre, tant ils étaient bouleversés de se trouver en face de lui.
Alors Joseph dit à ses frères : « Approchez vous de moi ». Ils s’approchèrent, et il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour qu’il soit emmené en Égypte. Mais maintenant ne vous affligez pas, et ne soyez pas tourmentés de m’avoir vendu, car c’est pour vous conserver la vie que Dieu m’a envoyé ici avant vous.
(Genèse 45, 1-5)
La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé.
Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres.
Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.
J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur.
C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur. Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.
(Patriarche Athénagoras)
"Je voudrais vous parler d’une grande femme américaine, Dorothy Day, qui a vécu au siècle dernier. Elle avait le feu en elle. Dorothy Day a pris position. Elle a vu que le modèle de développement de son pays ne créait pas les mêmes opportunités pour tous, elle a compris que pour beaucoup, le rêve devenait un cauchemar, et qu’en tant que chrétienne, elle devait s’engager aux côtés des travailleurs, des migrants, de ceux que rejetait une économie qui tue.
Elle écrivait et elle servait : il est important d’unir l’esprit, le cœur et les mains. C’est cela, prendre position. Elle écrivait comme journaliste — c’est-à-dire qu’elle pensait et faisait penser. Écrire est important. Et lire aussi, aujourd’hui plus que jamais.
Et ensuite Dorothy servait les repas, distribuait des vêtements, se vêtait et mangeait comme ceux qu’elle servait : elle unissait l’esprit, le cœur et les mains. Ainsi, espérer, c’est prendre position. Dorothy Day a entraîné des milliers de personnes. Elles ont ouvert des maisons dans de nombreuses villes, dans de nombreux quartiers : non pas de grands centres de services, mais des lieux de charité et de justice où l’on s’appelle par son nom, où l’on se connaît un par un, et où l’indignation se transforme en communion et en action.
Voici comment sont les artisans de paix : ils prennent position, en assument les conséquences, mais ils avancent.
Espérer, c’est prendre position, comme Jésus, avec Jésus. Son feu est notre feu. Que le Jubilé le ravive en nous et dans toute l’Église !"
Espérer, c’est prendre position. (Catéchèse jubilaire)
[6] La destruction de l’environnement humain est très grave, parce que non seulement Dieu a confié le monde à l’être humain, mais encore la vie de celui-ci est un don qui doit être protégé de diverses formes de dégradation. Toute volonté de protéger et d’améliorer le monde suppose de profonds changements dans « les styles de vie, les modèles de production et de consommation, les structures de pouvoir établies qui régissent aujourd’hui les sociétés ».
[7] Le développement humain authentique a un caractère moral et suppose le plein respect de la personne humaine, mais il doit aussi prêter attention au monde naturel et « tenir compte de la nature de chaque être et de ses liens mutuels dans un système ordonné ».
[8] Par conséquent, la capacité propre à l’être humain de transformer la réalité doit se développer sur la base du don des choses fait par Dieu à l'origine.
[208] Il est toujours possible de développer à nouveau la capacité de sortir de soi vers l’autre. Sans elle, on ne reconnaît pas la valeur propre des autres créatures, on ne se préoccupe pas de protéger quelque chose pour les autres, on n’a pas la capacité de se fixer des limites pour éviter la souffrance ou la détérioration de ce qui nous entoure. L’attitude fondamentale de se transcender, en rompant avec l’isolement de la conscience et l’autoréférentialité, est la racine qui permet toute attention aux autres et à l’environnement, et qui fait naître la réaction morale de prendre en compte l’impact que chaque action et chaque décision personnelle provoquent hors de soi-même. Quand nous sommes capables de dépasser l’individualisme, un autre style de vie peut réellement se développer et un changement important devient possible dans la société.
[154] La conversion écologique requise pour créer un dynamisme de changement durable est aussi une conversion communautaire.
[220] Cette conversion suppose diverses attitudes qui se conjuguent pour promouvoir une protection généreuse et pleine de tendresse. En premier lieu, elle implique gratitude et gratuité, c’est-à-dire une reconnaissance du monde comme don reçu de l’amour du Père, ce qui a pour conséquence des attitudes gratuites de renoncement et des attitudes généreuses même si personne ne les voit ou ne les reconnaît : « Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite [...] et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra » (Mt 6, 3-4).
Cette conversion implique aussi la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l’univers une belle communion universelle. Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres. En outre, en faisant croître les capacités spécifiques que Dieu lui a données, la conversion écologique conduit le croyant à développer sa créativité et son enthousiasme, pour affronter les drames du monde en s’offrant à Dieu « comme un sacrifice vivant, saint et agréable » (Bm 12, 1). Il ne comprend pas sa supériorité comme motif de gloire personnelle ou de domination irresponsable, mais comme une capacité différente, lui imposant à son tour une grave responsabilité qui naît de sa foi.
Extraits de la Lettre encylique "Laudato si"' du Pape François sur la sauvegarde de la maison commune.
En octobre l’équipe APRI* s’est retrouvée pour entendre les appels des frères et sœurs qui sont au Bénin, au Burkina et au Togo. Ils et elles sont attentifs à la vie des hommes et des femmes.
Il y a la détresse des déplacés du Burkina. Se retrouver ensemble pour échanger sur leurs projets permet un peu d’espoir. Comment subvenir aux besoins, lorsqu’ils-elles ne peuvent cultiver le terrain en dehors de la ville ? Inventer la culture hors sol, essayer de faire du parfum, fabriquer des chaussures à partir de pneu, acheter un sac de riz pour faire des repas au marché…
Il y a l’alphabétisation pour qu’ils-elles puissent lire et écrire, un moyen de relever la tête. Voici le témoignage du maître : « Je suis le premier bénéficiaire de cette formation en langue locale nawdm et en français. Mes sincères remerciements vont d'abord à celle qui a eu l'initiative pour faire la demande pour avoir des fonds pour acheter les livres et pour mon soutien. Mes remerciements vont aussi à ceux et celles qui ont accepté la demande… Nous envisageons de reprendre à la rentrée avec les élèves qui ont commencé et les nouveaux qui demandent d’apprendre. Peut-être ceux qui n'arrivent pas à bien lire cette année, elles arriveront. Que Dieu vous soutienne dans toutes vos actions. Merci, merci, merci”.
Il y a l’eau à faire remonter d’un forage avec la pompe à énergie solaire. L’eau c’est la vie et c’est essentiel dans un centre de formation en agriculture !
Il y a l’école qui n’a pas de moyens dans un village où une nouvelle communauté de frères vient d’arriver... Comment s’y prendre ?
Des groupes, des femmes principalement, se forment pour avoir un peu d’argent pour acheter, transformer puis revendre en beignets, en repas, … : n’attendons pas pour agir.
*Association pour la Promotion Rurale Internationale (APRI)
Josué réunit toutes les tribus d’Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d’Israël, avec les chefs, les juges et les scribes ; ils se présentèrent devant Dieu.
Josué dit alors à tout le peuple : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël : Vos ancêtres habitaient au-delà de l’Euphrate depuis toujours, jusqu’à Tèrah, père d’Abraham et de Nahor, et ils servaient d’autres dieux.
Alors j’ai pris votre père Abraham au-delà de l’Euphrate, et je lui ai fait traverser toute la terre de Canaan ; j’ai multiplié sa descendance, et je lui ai donné Isaac.
(Josué 24, 1-3)
La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n’a pas son origine dans ce qui apparaît au regard. (Hébreux, 11, 1-3)
"Jésus ouvre les portes que d’autres avaient fermés. Il demeure chez les blessés de la vie jusqu’à ce que l’amour les répare."
Raphaël Buyse
Homme, le Seigneur t’a fait savoir ce qui est bien, ce qu’il réclame de toi : rien d’autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marche humblement avec ton Dieu. (Michée 6, 8).
Dieu dépendant de notre fidélité. Sa flamme dont nous sommes responsables à garder vivante, surtout au cœur de la nuit. Dieu ne peut rien sans nous. Le Père n’est qu’un regard vers le Fils ; le Fils n’est qu’un retour vers le Père et l’Esprit est cette circulation vivante qui les unit ! Aucun ne possède la divinité. Elle circule, elle se donne, elle se reçoit. La trinité n’est pas un trône à 3 sièges mais une danse ; un flux ininterrompu d’offrande et d’accueil et nous sommes invités à y entrer. Etty Hillesum
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Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.
Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J’éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. Les fils d’Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis le seul à être resté et ils cherchent à prendre ma vie. »
Le Seigneur lui dit : « Repars vers Damas, par le chemin du désert. Arrivé là, tu consacreras par l’onction Hazaël comme roi de Syrie ; puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d’Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafath, d’Abel-Mehola, comme prophète pour te succéder. (1er Livre des Rois 19,11-16 )
"Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches : le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir ; il faut reboiser l'âme humaine. [...]
Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage.
Extrait de la Lettre que Julos Beaucarne écrivit en février 1975 après la mort de sa femme.
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Noël, Solstice d’hiver, est un temps particulier propice à l’intériorité et au partage. Solstice, naissance du d’un nouveau soleil. Pour nous relier par le cœur aux différents règnes qui vivent avec nous dans toute la création. Le végétal, le minéral, l’animal, sont bien vivants et participent totalement de notre quotidien ! Aimons-les comme nos proches humains car sans eux nous ne serions pas vivants !
Profitons de ce temps d’enracinement pour prendre conscience du merveilleux cadeau de la vie que nous offre chaque jour, cette terre merveilleuse, et engageons-nous à l’aimer et à la préserver !
Quel visage donner à Dieu, on le cherche ?
A partir du 1er décembre, Transhumances proposera chaque jour un texte. Cela construira "un chemin de lecture" qui correspond à ce que nous vivons et cherchons aujourd'hui : prendre soin de notre terre et de ceux qui l'habitent, pour qu'ils vivent ensemble dans la paix.
Autant de repères pour baliser notre chemin jusqu'à Noël.
Ce sera notre calendrier de l'Avent, préparation à la Veillée de Noël du 20 décembre à Salon.
La crèche n’est pas seulement le souvenir attendri d’une naissance ancienne.
Elle est le signe d’un bouleversement radical : le Dieu tout-puissant choisit la vulnérabilité, l’humilité, la pauvreté, là où se révèle la tendresse infinie du Père
En entrant dans notre humanité, il renverse nos logiques de domination et de puissance ; il nous montre que le vrai règne de Dieu ne s’impose pas, il se propose.
Il est promesse d’un monde nouveau.
Mais si Dieu se fait homme pour instaurer un royaume de justice, d’amour et de paix, ce royaume n’advient pas sans nous.
Il dépend de notre manière de vivre, d’aimer, de choisir la fraternité plutôt que la peur, la réconciliation plutôt que la force. Bénédicte St Merry Hors les Murs